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Père Noël blues

L’hiver a commencé aujourd’hui, avec une petite neige fine, froide et mesquine.  Noël approche déjà.
Enfin, le Noël païen, celui du père Noël et de la Sainte Consommation. A l’église, on a pas encore entonné le moindre cantique. L’Avent est dans plus d’un mois. Il est encore grand temps.
Manfred Lutz dit que le Noël chrétien a disparu de notre réalité, qu’il faudrait le célébrer en juillet pour avoir la paix et retrouver son sens initial ! Provocation utile pour cesser de croire à la juxtaposition possible de ces deux festivités.
Tu veux fêter Noël ? Achète ! Plus ça brille, plus c’est cher, luxueux, mieux c’est. Hautement technologique et à obsolescence rapide, c’est aussi très bien. Achète !

Cette année, j’aborde cette période avec davantage de sérénité. J’ai décidé de célébrer un Noël chrétien contre vents et marées, à la date dite et centrée sur la naissance de Jésus. Je ferai des cadeaux, home made pour la plupart, parce que j’aime bien et que je n’y vois pas d’inconvénient majeur. Mais la cérémonie de potlatch ne constituera pas Noël et j’assume maintenant la valeur monétaire réduite de ces présents.

Longtemps, je me suis sentie hors jeu à Noël. Comme une manifestation publique de mon indignité. Pas assez d’argent pour participer vraiment à la Sainte Consommation. Échec professionnel, semi-réussite sentimentale. Moins d’argent et de santé que mes cousins. Solitude relative. Appréhension forte de la « grande fête » de famille, autour du sapin, des mets fins et des cadeaux.

Nous sommes pourtant nombreux à nous sentir hors jeu. Face au matraquage publicitaire, on a tendance à l’oublier, à se vivre comme le seul/la seule à faillir. La barre de la consommation « nécessaire » est placée si haut durant « les fêtes » que l’exclusion s’accroît encore. « Les divinités de cette terre, ces puissances qui me plaisaient tant, augmentent leurs ravages. On se rue à leur suite » (psaume 16). Ce sentiment diffus de vide et de solitude, sont autant d’occasions de vendre. Sont-ils cultivés à dessein ? Le Père Noël a bon dos.

Cette année, je me sens plus libre. Libre d’inventer une nouvelle façon de faire communauté. Libre de m’occuper d’autres choses que mes tourments internes et périodiques. « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis une seule parole et je serai sauvé » (prière du centurion). L’indignité est consubstantielle à l’humanité, sa salut possible aussi. Me voilà en chemin.

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Innocence enfantine

– Ils ont mis beaucoup de désordre mais ils n’ont pas pris grand chose.

– Ils sont venus parce qu’ils ont cru que tu es riche ?

– Oui, je crois que c’est pour ça.

– Tu crois qu’ils ont pris tes aiguilles à tricoter ?

– Sûrement pas, tu sais, ils cherchent des choses qu’ils peuvent revendre, de l’argent, des bijoux, des trucs comme ça.

– S’ils viennent dans l’école, et ben, je vais prendre des poinçons avec B. et on va les attaquer.

– Ils ne vont pas venir dans l’école.

Une semaine que nous avons ces discussions. Il se renfrogne chaque jour à la même heure. Il a peur d’entrer dans l’appartement et peur de dormir seul. Je leur en veux pour ça, et pour ma jolie bague aussi.

Fascination morbide ?

Enfant, j’amenais un livre quand je craignais de m’ennuyer. Aujourd’hui, les enfants amènent une PSP et autres jeux électroniques, ou squattent le smartphone de leurs parents. Tous n’en ont pas, bien sûr. On assiste alors à cet scène un rien surréaliste d’une dizaine d’enfants pratiquement silencieux: il y en a 2 ou 3 qui « jouent » et les autres qui font la queue, en attendant de pouvoir accéder au précieux sésame. Ils ont tous les yeux rivés sur les écrans et  les pixels lancent de hargneux « take that !, take that ». L’autre jour, il leur a fallu plusieurs heures avant de réaliser que peut-être, ils pouvaient se mettre à se parler et à jouer pour de bon.

Je vais déclarer ma maison interdite aux zombies. Y’en a marre ! Pourquoi devrions-nous laisser l’industrie endommager nos enfants à ce point ? Et est-ce vraiment un hasard si c’est plutôt les enfants des familles en difficulté sociale qui sont les mieux équipés ?

Sans prix

J’ai fait une broderie pour mon fils. J’ai adapté un modèle et puis le format n’est pas standard. C’est une petite broderie simple. Je ne trouve pas de cadre.

Je fais tous les supermarchés, mais dans les supermarchés, un cadre, c’est rectangulai, du A5, du A6, éventuellement en cherchant bien, un petit carré de 8 sur 8.

Reste les boutiques d’encadrement. Je tente ma chance. « Bonjour, c’est pour encadrer une broderie, pas très grande, carrée, j’aimerais avoir une idée des prix ».

C’est assez normal, comme question, non ?

La tenancière n’est pas de cet avis. « Je ne peux pas vous dire ». Je reste silencieuse. « Si vraiment vous voulez un prix, c’est de 70 à 2’000 francs, voilà ! »

Je dois avoir l’air dépitée ou étrange ou je ne sais. J’insiste : « Vous savez, je n’ai aucune idée des prix. C’est pas une très grande broderie. (Je mime).  J’aimerais juste me faire une idée. « 

« Bon là par exemple, je peux vous faire un cadre tout simple avec des baguettes de couleur. ça coûte rien (elle se met à une table, avec une calculatrice, elle additionne des chiffres) …évidemment, il faut un verre antireflet sinon ça donne rien…ça fait 128 francs. « 

Sur le moment, je suis soulagée. 128 francs, c’est de l’ordre du possible, pas comme 2’000. Et puis c’est pour mon fils. Et si la broderie est petite, j’y ai mis du coeur, du temps, de mon amour de mère. Je pars en disant que je reviens la semaine prochaine.
Et puis peu après, brièvement, je pense que je suis une rien pour qui 128 francs c’est quelque chose. Puis je me désole de la co-existence de mondes parallèles et du mépris social. Puis je me demande si je ne pourrais pas aller dans une autre boutique, si quelque part je serais bien reçue. J’hésite parce que les autres boutiques ont l’air encore plus de l’autre côté de l’argent. Je suis une toute petite demande juste solvable.

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