Archives de Tag: société de consommation

jardin urbain = jardin toxique (1)

Jardin urbain à Gent (BE), photo Lamiot, Wikimedia commons

Jusqu’au 22 août 2012, j’ai cultivé des tomates cerises, de la menthe (avec succès), du basilic (moyen),  de la verveine citronnée, j’ai aussi tenté les courgettes, d’autres légumes, bref, un peu de tout, le maximum possible sur mon balcon. En bio, évidemment. Les tomates avaient un goût divin, le reste, c’était pas mal aussi. Alors j’en parsemais mes salades en toute bonne conscience. Prochaine étape : tenter d’outrepasser mon dégoût pour tout ce qui ressemble à des vers pour me mettre … au lombricompostage. Objectif : diminuer ma pollution tout en augmentant la fertilité de mon grand bac à fleur. Mon père était enthousiaste. Il m’avait déjà passé commande pour que je lui refile par la suite quelques vers pour son propre compost et ses roses chéries.

Et puis patatras, j’ai lu l’article « Ciel mon jardin » du Canard enchaîné, daté du mercredi 22 août 2012. Dans le canard, il y a chaque semaine au moins un article de vulgarisation accessible aux gens avec une culture scientifique plutôt minimaliste, généralement en page 4. Quand on lit ça, on ne sait plus trop quoi manger, ni comment l’humanité va pouvoir survivre au pic pétrolier ou au changement climatique à plus 3°. La seule consolation est que cette lecture protège contre les arnaques les plus grossières de l’industrie agro-alimentaire.

Ce mercredi-là 22 août donc , l’article résumait une recherche parue dans la revue « Environnemental Pollution » : des chercheurs en botanique de l’Université technique de Berlin avaient analysé la composition de 28 potagers urbains plantés sur les toits de cette ville. Et le canard de nous informer que : « (…) Les légumes sont fortement contaminés aux métaux lourds, au point que leur consommation peut présenter un risque significatif pour la santé (..). » (p.4) Lire la Suite →

La paix des morts

6 juin 44, le débarquement sur les plages de Normandie. Ces plages transformées en charnier ce jour-là.

Mon grand-père était pasteur, aumônier dans les troupes britanniques. Séparés des siens, soumis au secret le plus total pendant tout la longue préparation du débarquement. Mon grand-père a encouragé ces hommes promis au sacrifice. Il a sans doute communié et prié avec eux. Qu’a-t-il bien pu leur dire ? Sur quels versets ?

Les hommes ont débarqué, lui avec, dans la deuxième vague. Il a survécu. Il a enterré tous les hommes qu’il a pu. Les fragments de corps. Tout. Tout ce qui avait sans doute été un homme.

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Père Noël blues

L’hiver a commencé aujourd’hui, avec une petite neige fine, froide et mesquine.  Noël approche déjà.
Enfin, le Noël païen, celui du père Noël et de la Sainte Consommation. A l’église, on a pas encore entonné le moindre cantique. L’Avent est dans plus d’un mois. Il est encore grand temps.
Manfred Lutz dit que le Noël chrétien a disparu de notre réalité, qu’il faudrait le célébrer en juillet pour avoir la paix et retrouver son sens initial ! Provocation utile pour cesser de croire à la juxtaposition possible de ces deux festivités.
Tu veux fêter Noël ? Achète ! Plus ça brille, plus c’est cher, luxueux, mieux c’est. Hautement technologique et à obsolescence rapide, c’est aussi très bien. Achète !

Cette année, j’aborde cette période avec davantage de sérénité. J’ai décidé de célébrer un Noël chrétien contre vents et marées, à la date dite et centrée sur la naissance de Jésus. Je ferai des cadeaux, home made pour la plupart, parce que j’aime bien et que je n’y vois pas d’inconvénient majeur. Mais la cérémonie de potlatch ne constituera pas Noël et j’assume maintenant la valeur monétaire réduite de ces présents.

Longtemps, je me suis sentie hors jeu à Noël. Comme une manifestation publique de mon indignité. Pas assez d’argent pour participer vraiment à la Sainte Consommation. Échec professionnel, semi-réussite sentimentale. Moins d’argent et de santé que mes cousins. Solitude relative. Appréhension forte de la « grande fête » de famille, autour du sapin, des mets fins et des cadeaux.

Nous sommes pourtant nombreux à nous sentir hors jeu. Face au matraquage publicitaire, on a tendance à l’oublier, à se vivre comme le seul/la seule à faillir. La barre de la consommation « nécessaire » est placée si haut durant « les fêtes » que l’exclusion s’accroît encore. « Les divinités de cette terre, ces puissances qui me plaisaient tant, augmentent leurs ravages. On se rue à leur suite » (psaume 16). Ce sentiment diffus de vide et de solitude, sont autant d’occasions de vendre. Sont-ils cultivés à dessein ? Le Père Noël a bon dos.

Cette année, je me sens plus libre. Libre d’inventer une nouvelle façon de faire communauté. Libre de m’occuper d’autres choses que mes tourments internes et périodiques. « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis une seule parole et je serai sauvé » (prière du centurion). L’indignité est consubstantielle à l’humanité, sa salut possible aussi. Me voilà en chemin.

Marketing des larmes

Mon fils étrangement silencieux, puis soudainement en pleurs, au milieu des chaussettes. «Je suis jaloux !», finit-il par hoqueter. Dans TOUTE la Migros, des pubs pour leur dernière campagne marketing à l’encontre des enfants. Une fois encore, il s’agit essentiellement de collectionner des vignettes, chichement distribuées au pro rata du volume d’achat des parents.
«J’en voudrais aussi, mais je sais que tu seras pas d’accord». Effectivement. On patiente à la caisse pendant qu’il sanglote. Quand vient notre tour, les nerfs en pelote, je me plains à la caissière : «Vous pouvez pas laisser nos enfants tranquilles ?». Qu’est-ce qu’elle y peut ? A peu près rien. Elle scanne les courses, y ajoute le paquet de vignettes réglementaire, les consignes sont les consignes et les caméras de surveillance pas loin.  Je les lui redonne : «Puisque je vous dis que je n’en veux pas !».
Dehors,  je propose à mon fils une glace «pour (le) consoler». Il accepte. Dans le bus, calmé (ouf!), il réfléchit: « Maman, pourquoi est-ce que la Migros ils font des jouets que les enfants veulent et après ça fait pleurer les enfants ?». «Et bien, c’est fait exprès ! C’est pour que les parents achètent beaucoup (trop) de choses, mais j’en ai tout à fait marre qu’ils utilisent les enfants comme ça et je n’irai plus chez eux pendant longtemps, pendant tout le temps de cette campagne».
Un peu plus tard, il philosophe sagement : «Tu sais, je préfère les jouets d’anniversaire». Moi aussi mon fils. Et j’aime t’en acheter à plein d’autres moments aussi. Mais le marketing des larmes, ce sera sans nous. Tu es trop précieux ! Ils ne feront pas commerce de tes émotions, ces saligots !

Fascination morbide ?

Enfant, j’amenais un livre quand je craignais de m’ennuyer. Aujourd’hui, les enfants amènent une PSP et autres jeux électroniques, ou squattent le smartphone de leurs parents. Tous n’en ont pas, bien sûr. On assiste alors à cet scène un rien surréaliste d’une dizaine d’enfants pratiquement silencieux: il y en a 2 ou 3 qui « jouent » et les autres qui font la queue, en attendant de pouvoir accéder au précieux sésame. Ils ont tous les yeux rivés sur les écrans et  les pixels lancent de hargneux « take that !, take that ». L’autre jour, il leur a fallu plusieurs heures avant de réaliser que peut-être, ils pouvaient se mettre à se parler et à jouer pour de bon.

Je vais déclarer ma maison interdite aux zombies. Y’en a marre ! Pourquoi devrions-nous laisser l’industrie endommager nos enfants à ce point ? Et est-ce vraiment un hasard si c’est plutôt les enfants des familles en difficulté sociale qui sont les mieux équipés ?

100 % divertissement, 0 % info

Déjà regardé une émission type 100 % foot ? Et bien on aime ou on aime pas -pas dans mon cas- , mais la qualité y est.
Avis croisés, information recoupée, temps d’antenne conséquent, pluralité des points de vues, mines concernées et sérieuses, re-visionnage des moments clés, images d’archives à foison. Bref, une information de qualité. Je ne comprends pas pourquoi il faut avoir l’air si soucieux en anlaysant des enjeux bien secondaires et aux conséquences fort limitées pour la population hors supporteurs – mais bon, tant mieux pour tous ceux que le foot passionne.

Mais pourquoi, pourquoi les informations télévisées ne correspondent-elles pas – même de loin – à ce standard de qualité ? Pourquoi cette brièveté ? Cette succession ultra rapide d’évènements sans rapports les uns avec les autres ? Pourquoi cette absence de points de vues contrastés ? Pourquoi ce besoin de faire de l’info un spectacle ? du divertissement ?

Pourquoi les gens « ne peuvent pas comprendre » la complexité des événements mondiaux (type crise de l’euro) et donc on leur refourgue des explications pré-machouillées / type fast food et pourquoi le moindre commentaire de footeux est jugé suffisamment complexe pour être analysé sous toutes ces coutures ? Et pourquoi on nous rabâche les résultats de foots  aux journaux télévisés alors que les supporteurs ont déjà pléthore d’information à disposition ?

Qu’est-ce que cela dit des médias en tant que contre-pouvoir ? Qu’est-ce que ça dit de notre démocratie ?

Vide-grenier

Sentiments mitigés au vide-grenier devant des stands d’objets disparates, abîmés, vieillis, souvent inutiles, mis en vente dans l’espoir que ces presque déchets redeviennent des marchandises.
Le terrain est boueux, il fait gris, j’ai le cœur maussade, bientôt triste. Je peine à saisir la réalité qui m’entoure.  Mon humeur morose respire-t-elle l’atmosphère ambiante ou n’est-ce qu’un enième vague à l’âme ?

Il manque à ce vide-grenier la vivacité des marchés de campagne. Les vendeurs sont calmes, en retrait. Ils semblent indifférents au résultat de leur activité.  Ils se sont aménagés un un espace à peu près sec , ils discutent entre amis, souvent en famille. Qu’est-ce qui les amène à passer tout un après-midi pluvieux dans un champs ? Le goût de l’échange ou la nécessité de grapiller coûte que coûte quelques euros ? Est-ce que la galère des uns peut devenir le loisir des autres ?

Chez nous, les objets sont programmés pour durer peu. Le temps d’une mode, d’un caprice, d’une saison, d’une promotion, d’un buzz. Leur obsolescence est planifiée.  Proposer à la vente des objets sans valeur autre qu’un hypothétique usage, c’est une farce sarcastique, un manquement aux règles marchandes actuelles.
Les acheteurs se trouvent pour une fois à devoir inventer leur désir, à chercher une manière personnelle de se réapproprier un objet, de lui réinjecter du sens pour soi. ll y a de quoi déployer des trésors d’imagination. Sans doute s’invente-t-on des velléités de recyclage,  de créations incongrues.  La ballade est aussi un bain de nostalgie, les objets sont contemporains de notre enfance,  de la jeunesse de notre mère. Ils ont été produits en masse, alors on les connaît tous déjà un peu, ils nous ont déjà appartenu.
Les vendeurs n’avaient pas grand chose dans leur grenier. Aucune antiquité digne de rejoindre une vénérable brocante. Eux aussi inventent. Refusent de jeter  leur bardas, refusent de donner « aux bonnes oeuvres ». Fixent des prix bas, selon une échelle fantaisiste où une Bd peut valoir une paire de talons et la moitié d’une encyclopédie. Cessent pour une fois d’être des consommateurs pour devenir acteurs. Cette liberté là est une denrée précieuse.

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